Actu mobilité électrique Tesla FSD : l’Allemagne pousse pour une homologation européenne rapide, Tesla propose de le renommer « Tesla Assisted Driving »

FSD : l’Allemagne pousse pour une homologation européenne rapide, Tesla propose de le renommer « Tesla Assisted Driving »

Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, veut que le système d’aide à la conduite de Tesla soit homologué « rapidement » dans toute l’Europe. Son ministère l’a écrit mardi 6 octobre, le jour même où le comité technique européen s’est contenté d’en discuter, sans voter. Le texte révèle aussi un accord avec Tesla sur la vitesse, et un nouveau nom proposé par la marque : « Tesla Assisted Driving ».

Ce que dit Berlin

L’article publié mardi par le ministère fédéral des Transports s’intitule « Où en est l’homologation d’un système d’aide à la conduite de Tesla ». Steffen Bilger, ministre depuis le 29 juillet, y raconte avoir rencontré Tesla en septembre : « Nous avons rapidement trouvé une compréhension commune et sommes parvenus à un accord constructif. Sur cette base, je vais désormais m’engager pour que le système soit homologué rapidement dans toute l’Europe. » Et d’ajouter : « Mon objectif est que les conducteurs de Tesla puissent profiter le plus vite possible des avantages de l’Assisted Driving dans toute l’UE », selon le texte du ministère.

L’accord porte sur un point sensible : le système pourra dépasser la vitesse autorisée de 10 % au maximum, et l’Allemagne se dit prête à défendre cette approche dans la procédure européenne. Ce « décalage de vitesse » avait inquiété deux États membres lors de la réunion européenne du 5 mai, d’après le compte rendu de la Commission.

Le ministère juge aussi le nom actuel « quelque peu trompeur » et indique que Tesla a proposé de rebaptiser le système « Tesla Assisted Driving ». Tesla ne l’a pas confirmé publiquement. Le texte rappelle enfin que la personne au volant reste responsable à 100 % de la conduite.

L’agence allemande dpa prête au ministre une phrase de plus, prononcée le même jour lors d’une conférence à Berlin et rapportée sans citation directe : si l’Europe ne s’entend pas, il faudra « discuter de ce que l’on pourrait faire en Allemagne ». Le texte du ministère, lui, n’en dit rien et soutient la procédure européenne.

Cette voie nationale existe pourtant. L’article 39 du règlement européen 2018/858 permet à un pays d’accepter sur son territoire l’homologation provisoire accordée par les Pays-Bas, à condition d’en informer l’autorité néerlandaise par écrit. C’est ce qu’ont fait les sept pays qui ont suivi les Pays-Bas.

Le 6 octobre à Bruxelles : une discussion, pas un vote

Le comité technique pour les véhicules à moteur, qui réunit les représentants des États membres, avait inscrit le dossier à son ordre du jour de mardi : « Poursuite des discussions sur la demande des Pays-Bas », 25 minutes, de 11 h 45 à 12 h 10, sans vote prévu, d’après le registre de la Commission. Nous l’avions signalé dès le 1er octobre dans notre point sur le calendrier européen. Aucun compte rendu n’est encore publié : ceux des réunions précédentes sont arrivés plusieurs semaines après.

La prochaine réunion n’a pas de date officielle. Le comité se réunit chaque année début décembre, mais rien n’est encore annoncé. Un vote par écrit est possible sur le papier, à condition que la Commission dépose un projet d’acte, ce qu’elle n’a pas fait.

Huit pays, 12,7 % des Européens

Depuis l’homologation néerlandaise du 10 avril, sept pays l’ont acceptée chez eux :

  • la Lituanie, le 20 mai ;
  • l’Estonie, le 29 mai ;
  • le Danemark, le 9 juin ;
  • la Belgique, le 10 juin ;
  • la Slovénie, le 7 septembre ;
  • la Tchéquie, le 21 septembre ;
  • la Croatie, annoncée par Tesla le 29 septembre (notre article).

Pour une homologation dans toute l’Union, il faut une majorité qualifiée : au moins 15 pays sur 27, représentant au moins 65 % de la population. Les huit pays déjà convaincus pèsent 12,7 % des Européens, d’après les chiffres de population 2026 du Conseil. Avec l’Allemagne, on passe à 31,1 %, et à 46,3 % avec la France (calcul Tesla Mag). D’où le poids du soutien de Berlin.

Et la France ?

Rien de neuf depuis le 2 septembre. Ce soir-là, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, annonçait sur X le début des essais sur route, avec deux voitures équipées du FSD mises à disposition par Tesla. Aucun résultat n’a été publié depuis, ni par le ministère ni par le gouvernement. Nous attendions ces résultats avant la fin septembre.

Pour les propriétaires français, rien ne change donc pour l’instant : le FSD (supervisé) n’est pas autorisé chez nous, et on ne peut l’essayer qu’à l’étranger, en Belgique ou aux Pays-Bas par exemple. Pays par pays, ce qui reste à obtenir est détaillé dans notre carte des positions européennes.

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Questions fréquentes

Le FSD (supervisé) est-il autorisé en France ?

Non, pas au 7 octobre 2026. Il l’est aux Pays-Bas, en Lituanie, en Estonie, au Danemark, en Belgique, en Slovénie, en Tchéquie et en Croatie.

Quand l’Europe votera-t-elle ?

Aucune date n’est fixée. Le 6 octobre, le comité technique européen n’a fait que poursuivre la discussion. Sa prochaine réunion n’est pas encore annoncée ; il se réunit d’habitude début décembre.

Pourquoi le FSD changerait-il de nom ?

Le ministère allemand des Transports juge le nom « FSD » trompeur, et indique que Tesla a proposé « Tesla Assisted Driving ». Tesla ne l’a pas confirmé publiquement.

Le système pourra-t-il dépasser la vitesse autorisée ?

Selon le ministère allemand, Berlin et Tesla sont convenus en septembre d’un dépassement de 10 % au maximum, une approche que l’Allemagne soutiendra dans la procédure européenne.

Sources : ministère fédéral allemand des Transports, article du 6 octobre 2026 ; Commission européenne, registre de comitologie (ordres du jour du comité technique pour les véhicules à moteur des 11 septembre et 5 octobre 2026, compte rendu de la réunion du 5 mai 2026) ; règlement (UE) 2018/858, article 39 ; traité sur l’Union européenne, article 16 ; décision (UE, Euratom) 2025/2427 (populations 2026) ; RDW et autorités nationales citées ; Tesla Europe sur X ; Philippe Tabarot sur X (2 septembre 2026) ; agence dpa (propos rapportés).

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